Après les pleurs, la colère. « La justice, il n'y en a pas. » De retour rue des Anémones, au coeur de la petite cité HLM de Biesheim, l'une des soeurs de Franky Stahl prend la parole. La marche silencieuse en mémoire de son frère de 22 ans, tué à coups de couteau le 14 novembre (nos dernières éditions), s'achève. Des 120 participants au départ, il n'en reste qu'un gros quart. « J'ai une faveur à vous demander, n'essayez pas de le venger », implore-t-elle.
Tous connaissent les circonstances du drame dans les grandes lignes. Mais l'onde de choc est palpable quand la jeune femme évoque les « 15 coups de couteau », le visage « balafré » de son frère que même sa famille a eu du mal à reconnaître. « Qui peut s'acharner sur un être humain comme ça », pour une dette de « 50 ¤ », s'interroge-t-elle. Les plus jeunes, des enfants qui n'ont pas 10 ans, encaissent mal et sanglotent à l'énoncé des blessures.
Un « timide » qui « avait ses amis »
A Biesheim, le jeune homme était bien connu. Ce n'est pas la famille de Franky qui est à l'initiative de la marche, mais quelques-uns de ses proches amis. Sans domicile fixe, il passait ses journées devant la boucherie de la Grand-rue. « Tout le monde l'aidait », explique Marcel, un habitant du village. Certains l'invitaient à manger, d'autres lui donnaient un peu d'argent. Franky, c'était « un timide », un « solitaire », mais qui « avait ses amis », souligne Kamel.
Partie peu après 8h15, la masse silencieuse s'est rendue jusqu'à la maison de la rue des Pêcheurs où s'est déroulé le drame. Après un long moment de recueillement, elle a pris la direction de la boucherie, où les amis du défunt étaient invités à lui écrire un dernier message sur une banderole. Certains avaient déjà fait de même sur un sweat-shirt remis ensuite à la famille.
Entre eux, les jeunes discutent du drame qu'ils jugent « hallucinant. » Franky, « depuis vendredi, on ne l'avait pas vu. Mais quand on a su pour le mort, on a compris que c'était lui », indique Jérémy. Quant à Dominique Mayer, l'assassin présumé, qui a également blessé à coups de couteau de cuisine un quadragénaire, « on ne le connaissait pas ». Etait-il ami avec la victime ? Pas vraiment. Si Franky le fréquentait, c'est qu'« il lui permettait de dormir au chaud... »
Selon la volonté de la famille, l'enterrement devrait se faire dans la plus stricte intimité. De leur côté, les amis de Franky prévoient d'organiser une quête pour aider à financer les obsèques
L'AlSaCe :
Une marche silencieuse a eu lieu hier matin dans les rues de Biesheim à la mémoire de Franky Stahl, tué à coups de couteau la semaine dernière à l'âge de 22 ans (nos éditions précédentes).
Souvent sans domicile fixe, Franky Stahl trouvait refuge à Biesheim.
Quelque 120 personnes se sont réunies au pied des immeubles de la rue des Anémones, pour rendre hommage à leur parent ou ami.
Le cortège a fait halte dans la rue des Pêcheurs, devant le lieu du crime, et en face de la mairie, à un endroit que le jeune homme affectionnait.
« On était ses amis »
Les participants ont déployé des banderoles, ont déposé des fleurs, des bougies, et d'autres messages en son hommage.
« Ce n'est pas parce que Franky avait fait quelques conneries qu'il n'était pas apprécié, loin de là comme on peut le voir, indiquait Jérémy Wagner, l'un des initiateurs de cette marche. On était tous ses amis, sa famille ou sa seconde famille ».
ArtiicLe DNA & L'Alsace